Entretien
Culture

Justine Jan, baroudeuse et auteure de récits de voyage : « Je vais à la rencontre des gens, de leurs historiques qui me nourrissent »

Il y a des virus plus sympathiques que d’autres. Celui du voyage, par exemple, a contaminé Justine Jan à l’aube de ses 20 ans. Depuis, elle part avec sac à dos et guitare et transforme en livres ses rencontres sur tous les continents.

  • lehavre.fr : Vous avez 27 ans et vous enchaînez les grands voyages. Comment tout cela a-t-il commencé ?

Justine Jan : Mon premier voyage s’est déroulé en 2013 dans la cadre de mes études de commerce à l’Ecole de Management de Normandie. Partie 6 mois en Malaisie, j’en ai profité pour parcourir Bali, les Philippines, la Thaïlande. Je suis tombée amoureuse du voyage en solo. Mon deuxième grand voyage s’est déroulé durant mon année de spécialisation dans le marketing de luxe. J’avais tout à coup 3 mois avant la reprise des cours. Direction l’Amérique latine : Brésil, Bolivie, Pérou, Mexique, Guatemala, Belize. Cette expérience m’a ouvert les yeux : je voulais barouder, partir sans cadre. D’ailleurs, jusqu’au départ, je n’avais pas dit à mes parents que je partais.

  • lehavre.fr : Justement, voyager seul n’est-il pas une source de tracas, voire de danger ?

J.J. : On n’est jamais vraiment seul en voyage, sauf à le vouloir vraiment. Je suis quelqu’un de sociable même si j’apprécie les moments de solitude. Est-ce difficile de partir seule ? Peut-être plus pour l’entourage qui assimile souvent les pays exotiques ou lointains avec le danger. Et quand on est une fille, la crainte des parents est sans doute plus aiguë. Il suffit d’être un minimum prudent. C’est aussi pour ça que j’ai décidé d’écrire.

  • lehavre.fr : Vous avez publié un livre suite à votre premier grand périple. Quel est votre lien à l’écriture ?

J.J. : J’ai toujours eu la plume facile, voire bavarde. J’étais la reine des hors sujets en devoirs de français ! Mon premier ouvrage paru en décembre dernier n’est pas un guide de voyage. J’y décris mes expériences, mes sensations et bien sûr la manière dont j’ai préparé mon voyage. À côté des trucs et astuces, je m’efforce aussi de rassurer les parents et surtout de promouvoir le voyage solo au féminin. En décembre prochain, je publie mon deuxième livre sur le voyage en Amérique latine, avec la même ambition.

  • lehavre.fr : Vous avez publié un livre suite à votre premier grand périple. Quel est votre lien à l’écriture ?

J.J. : J’ai toujours eu la plume facile, voire bavarde. J’étais la reine des hors sujets en devoirs de français ! Mon premier ouvrage paru en décembre dernier n’est pas un guide de voyage. J’y décris mes expériences, mes sensations et bien sûr la manière dont j’ai préparé mon voyage. À côté des trucs et astuces, je m’efforce aussi de rassurer les parents et surtout de promouvoir le voyage solo au féminin. En décembre prochain, je publie mon deuxième livre sur le voyage en Amérique latine, avec la même ambition.

  • lehavre.fr : Comment documentez-vous votre récit au jour le jour ?

J.J. : Je me sers d’un dictaphone et d’ un journal de voyage. Cela me permet de dire ce que je ressens face à un paysage, une rencontre. Les bruits enregistrés me transposent dans le moment et réveillent tous les souvenirs comme pour cette expérience que j’ai adorée : relier la France à la Chine sans prendre l’avion. Partie en janvier 2018 pour 7 mois entre l’Europe, la Russie en hiver, la Mongolie et Pékin, j’en retiens l’extraordinaire voyage en Transsibérien avec les Russes si chaleureux, l’émerveillement du désert de Gobi et la confirmation que voyager « hors saison » facilite les liens entre le voyageur et les locaux.

  • lehavre.fr : Comment se passent ces rencontres d’un jour ?

J.J. : Ou d’une nuit, puisque je pratique le couchsurfing, de l’hébergement gratuit chez l’habitant. Les gens sont généralement curieux et intrigués. Comme je pars toujours accompagnée de mon sac Georges et de ma guitare Laika, la musique nous rapproche. Je pars plus à la découverte des gens que de lieux touristiques. Leurs expériences et témoignages me nourrissent. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup parcourir la France à pied pour ces mêmes raisons.

  • lehavre.fr : La pandémie actuelle a dû donner un coup de frein à vos projets. Comment le vivez-vous ?

J.J. : Je suis revenue en février d’un voyage de 4 mois entre Amérique du Nord, Cuba et Colombie. Je me consacre à la promotion du premier livre et aux projets de partage de mes récits. J’ai déposé des affichettes personnalisées dans une trentaine de lieux de la ville, dont des toilettes de bars, où l’on peut flasher un QR code pour accéder gratuitement au premier chapitre que je lis. Comme ça, même ceux qui n’aiment pas lire peuvent y goûter. J’adore lire et faire la lecture, d’où l’idée d’une lecture accessible aux sourds et malentendants en bibliothèque municipale. Tout cela sera confirmé sur ma page facebook. Je vais aussi lancer un blog à la rentrée avec des articles sur mes expériences mais aussi sur toutes les choses qui font qu’on adore Le Havre. J’espère ainsi donner l’envie de prendre son sac à dos, de partir, de revenir. Mon prochain voyage ? De la France à l’Inde sans avion !

Suivez Justine Jan sur Facebook @curieusebaroudeuse et Instagram @curieusebaroudeuse

Le livre Curieuse baroudeuse - Un sac à dos au pays des bouddhas dorés est en vente à la Galerne